Des centaines de jeunes danseurs se réunissent à Nantes chaque samedi, comme ici place Saint-Pierre, et s'adonnent à leur passion pour la Tecktonik.
Arrivée de la capitale, la Tecktonik envahit les rues de Nantes depuis quelques mois.Dansle centre-ville, cette danse rassemble plusieurs centaines d'amateurs chaque samedi.
Les remparts de la cité des ducs n'auront pas résisté bien longtemps à la fièvre Tecktonik. Basée sur la désarticulation du corps, cette danse est devenue en quelques mois un véritable phénomène de société. Ses adeptes, chaque jour un peu plus nombreux, sont majoritairement de jeunes urbains. Ils adoptent des pseudonymes aux consonances anglo-saxonnes et se retrouvent dans les discothèques ou dans la rue, pour se mesurer, les uns aux autres, à coup de nouveaux pas de danse.
Depuis quelques mois, la jeunesse nantaise a jeté son dévolu sur cette pratique appelée également danse-électro. Communément utilisé, le terme Tecktonik est une marque déposée.
Arrêts de bus, sorties des établissements scolaires... tous les lieux sont bons pour s'entraîner à cette discipline, née dans les discothèques parisiennes à la fin des années 90.
La danse envahit la rue
Chaque samedi après-midi (comme ci-dessus, le 29 septembre), de plus en plus de jeunes Nantais s'adonnent à cette danse également considérée comme un sport. Ils sont parfois plus d'un demi-millier d'adeptes ou de spectateurs à se réunir dans le centre-ville.
De la place Bretagne au cours Saint-Pierre, en passant par le parvis de la cathédrale... Le lieu de rendez-vous change toutes les semaines. Car pour l'instant, ces rassemblements s'organisent de manière ponctuelle. Ils ne reçoivent donc pas l'aval des autorités (lire ci-dessous).
Et victimes de leur succès, ces réunions ont récemment donné lieu à quelques débordements. Mais la Tecktonik se veut, avant tout, festive. Vêtements fluorescents, chaussettes à rayures remontées jusqu'aux genoux, bijoux et strass... Au-delà de la pratique en elle-même, le style vestimentaire des danseurs est primordial.
Les garçons en rose, les filles en bleu
Âgés de 15 à 25 ans, les adeptes de la Tecktonik sont très attentifs à leur style vestimentaire. « On est des métrosexuels », explique Spoonik, qui n'a pas peur d'aller au rayon féminin pour s'habiller. « C'est marrant, on va dans des magasins pour filles et vice et versa. On s'habille beaucoup avec du rose, du violet tandis que les filles choisissent du bleu ou du vert... ».
La Tecktonik se danse en solo ou en groupe. Les groupes, que l'on appelle aussi « crew » ou « team » fonctionnent comme des équipes de sport. Ils comptent de trois à plus d'une quinzaine de membres pour les plus importants.
À Nantes, leur nombre a explosé. En quelques mois, près d'une vingtaine de « teams » se sont constitués. Et de nouveaux apparaissent très régulièrement. Certains voient la danse comme un loisir tandis que d'autres la considèrent vraiment comme une passion et un sport. « Il y en a qui consacrent au moins deux heures à l'entraînement par jour », assure Spoonik.
Antoine Garnier